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Les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux dans l’histoire : le regard de la métapsychique

Introduction de Bérénice Tournafond et communication de l’historien Bertrand Meheust, lors du colloque Les états modifiés de conscience (1/6)
La conscience humaine dont la véritable nature demeure encore inconnue, est au cœur des réflexions de cette deuxième journée de colloque, organisée par l’association « Être humain », avec le concours de l’Académie des Sciences et de l’Académie des sciences morales et politiques, le 21 mai 2012. Canal Académie vous propose d’écouter ce deuxième colloque, six conférences au total seront retransmises sur notre site. Pour commencer, retrouvez ici l’intervention de Bertrand Meheust, historien et philosophe, dont le propos s’intitule : "États modifiés de conscience et phénomènes paranormaux dans l’histoire : le regard de la métapsychique".


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Référence : COL702
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Date de mise en ligne : 9 septembre 2012


Entrez grâce à Canal Académie au sein de l’Institut de France. Vous entendrez d’abord l’introduction au colloque par Bérénice Tournafond, présidente de l’association « Être humain », puis l’intervention de Bertrand Meheust, historien et philosophe, membre de l’IMI, l’Institut métapsychique international, qui évoquera dans sa communication les relations entre les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux dans l’histoire, tels qu’ils étaient conçus par "la métapsychique".

Introduction au colloque de mai 2012 sur les états modifiés de conscience

par Bérénice Tournafond, présidente de l’association « Être humain »

« Chers amis, Notre colloque sur les états modifiés de conscience s’inscrit dans le cadre d’un cycle de conférences sur la conscience qui a débuté en mars 2012.
Tout d’abord, je souhaite adresser de très vifs remerciements aux académiciens et professeurs François Gros, François Terré, Jean Baechler et Pierre Buser ainsi qu’à tous les participants qui ont contribué et qui contribuent encore aujourd’hui à la réussite de nos colloques. Merci également à l’Académie des Sciences et à l’Académie des Sciences morales et politiques grâce à qui nous pouvons organiser, au sein de l’Institut, ces colloques inter-académiques. Merci à Canal Académie notre partenaire qui rediffuse sur internet une partie des interventions. Enfin merci à tous les bénévoles qui nous aident et à vous tous qui êtes de plus en plus nombreux à suivre nos manifestations.

En deux mois, voici les objectifs de notre association :
Tout d’abord, l’association « Être humain » est une association loi 1901 sans but lucratif que nous avons créée avec le professeur François Gros et le professeur François Terré en novembre 2010. Son objet est de favoriser les échanges interdisciplinaires et les recherches sur les questions fondamentales qui concernent l’être humain. _ Notamment quelle est notre véritable nature ? Comment naissent nos émotions et quelles sont leur incidence sur nos comportements ? Que sait-on des liens qui font interagir spiritualité et matérialité ?… Nous avons créé cette association parce que nous pensons que cette démarche interdisciplinaire peut nous aider à dessiner une vision globale et intégrée de ce que nous sommes. C’est donc un outil pour parvenir à une meilleure compréhension de l’homme avec pour objectif de favoriser échanges et dialogues et par conséquent d’accéder à une meilleure gouvernance de la société. Dans ce contexte, nous avons déjà organisé un certain nombre de conférences notamment un cycle de colloques sur l’homme contemporain à travers la science, la morale et la politique.
Il a beaucoup été question des émotions, sujet interdisciplinaire par nature puisqu’au même titre que la conscience, les émotions se trouvent au confluent de toutes les disciplines : la biologie, la médecine, la théologie, la philosophie, le droit… Chacun dans son domaine s’y intéresse mais aucune spécialité prise isolément ne peut les expliquer entièrement. Et malheureusement, il nous manque une science des interactions pour mieux les connaître.

D’où l’importance d’avoir ces échanges et d’essayer de dégager une vision globale, de l’être humain. D’autant que, comme nous l’avons vu précédemment, il y a une corrélation certaine entre ce que nous ressentons, les émotions que nous éprouvons au contact de la société, la conscience que nous en avons et notre équilibre physique et psychique.
En effet, nous savons désormais de plus en plus précisément à quel point nos émotions et nos comportements sont interdépendants de notre constitution physique et de notre environnement extérieur.
Mieux connaître ces émotions est donc essentiel puisqu’elles agissent sur nous dans tous les domaines de notre vie ; ce sont parfois elles qui nous rendent malades ; elles commandent aussi nos choix (ou nos absence de choix) comme on a pu le voir à l’occasion de l’élection présidentielle. Elles peuvent unir ou séparer, créer ou anéantir, épanouir ou dégrader.
Il en va de même de la conscience. Elle est étudiée et se manifeste dans tous les domaines mais sa nature véritable et l’ensemble de ses manifestations nous sont encore inconnues.

L’enjeu est donc capital tant sur un plan individuel, puisque cela concerne notre santé, que sur le plan collectif, social. Nous en avons déjà parlé lors des précédents colloques, les émotions et les états de conscience modifiés peuvent en effet provoquer des changements très importants dans nos comportements sociaux, transformer notre vision du monde et de la société et remettre fondamentalement en question nos modèles politiques et sociaux. Ne serait ce que parce que tous ces modèles sont fondés sur une idée de l’homme et une vision du monde qui dépendent justement en grande partie de nos émotions et de notre conscience.
Et d’ailleurs, l’évidence en est fournie par la succession en tous domaines, autant scientifiques que sociaux, de paradigmes qui, par séquences, s’implantent et se périment en laissant place à de nouveaux modes de vie, de comportements, de pensées. Et à mon sens, il ne nous est plus possible de refuser de prendre en compte cette dimension « immatérielle » au niveau politique et social tant elle est déterminante. Or nous la connaissons encore très mal. Et pourtant il nous faut la guider et la canaliser.

Par conséquent, mieux comprendre, mieux connaître les interactions entre matérialité et spiritualité nous permettrait d’imaginer de nouveaux modèles de société qui prendraient mieux en compte la nature humaine dans sa complexité. Cela permettrait également de dépasser les oppositions parfois violentes aujourd’hui entre ceux qui croient que la conscience est en partie une manifestation de la divinité et ceux qui croient que la conscience n’est qu’une manifestation du fonctionnement du cerveau, ou plus largement du corps humain.
Ce qui d’ailleurs laisse entière la question de savoir comment l’on peut parvenir aux résultats que l’on constate par certains états modifiés de conscience... Lors de la première partie de ce cycle, dans sa conférence, le professeur Jean Baechler a très clairement montré qu’il était très important de s’intéresser à tous les états liminaires voire extatiques et d’une manière générale aux états modifiés de conscience, si l’on veut être à même de saisir cette même conscience dans son fonctionnement habituel. Vous avez même suggéré, professeur, de créer une science de l’étrange.

Et aujourd’hui, justement la première partie de cette matinée, que vous présidez, sera donc consacrée précisément à des exposés de Bertrand Méheust, du père Ols et du docteur Jourdan, sur un certain nombre de situations qui nous frappent par leur étrangeté et pour lesquelles aucune explication incontestable ne peut être donnée. Effectivement, nous ne savons pas comment expliquer notre spiritualité, nos états méditatifs, voir « extatiques » ou encore le pouvoir des médiums ?
Et pourtant, nous avons réalisé des progrès considérables dans le domaine scientifique au cours de ces dernières décennies et notamment en neurobiologie et en physiologie comme l’a brillamment exposé le professeur Pierre Buser lors de la première partie de notre colloque, et comme le montrera également Pierre Marie Lledo dans la deuxième partie de cette matinée présidée par le professeur Buser. Puis, Monsieur Jean François Houssais interviendra pour nous proposer une approche scientifique élargie pour tenter de mieux rendre compte de l’origine et de la nature de la conscience.
Car force est de constater que les forces agissantes de la vie ne s’expliquent pas par les seules lois matérielles connues et qu’il est important de rechercher, dans ce domaine également, de nouveaux modèles.

Nous poursuivrons bien entendu en Septembre-Octobre notre cycle de conférences sur la conscience sous ses aspects physique et biologique, mais aussi dans sa dimension morale et son influence dans le domaine social, politique et juridique. Sachant que, à ce sujet, l’approche politique et sociale actuelle apparaît encore bien rudimentaire. Elle est fondée, nous l’avons vu, sur des postulats pour l’essentiel dépassés ou en tout cas insuffisants et qui au lieu de se compléter, s’opposent. Il est donc urgent de rechercher des pistes pour la faire évoluer. C’est ce que nous nous attacherons à faire à la rentrée et nous vous communiquerons début Septembre les prochaines dates de réunion.
 »

Les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux : le regard de la métapsychique

Par Bertrand Meheust, historien, sociologue et philosophe, membre de l’IMI

« Quelques instants avant de commencer à développer mon propos, je vais vous dire comment je suis venu à m’intéresser à ces questions, compte tenu de leur nature. Je faisais de la philosophie mais j’ai fait une thèse de sociologie qui avait pour centre un conflit dans la pensée qui a opposé pendant un siècle l’Académie de Médecine et l’Académie des Sciences : le mesmérisme.
J’ai étudié ce conflit sous tous les angles, et il m’est apparu que l’on ne pouvait pas faire une étude sérieuse de celui-ci en se lavant les mains de ce qui était en son cœur : les questions des pouvoirs dits « magnétiques ». J’ai été amené à faire l’hypothèse que ces pouvoirs pouvaient être réels, au moins dans certains cas, sinon la question était vidée d’avance. De fil en aiguille, je me suis plongé dans ce sujet, et j’ai tenté de me faire l’historien de la « métapsychique ».

Aujourd’hui je vais attaquer la question en tentant d’articuler deux approches qui habituellement sont présentées de façon disjointes, mais qui prennent une dimension nouvelle lorsqu’on les met en rapport : les phénomènes liés à la conscience modifiée et les phénomènes dits « paranormaux ». Par « paranormal », il est bien évident que cette notion est relative à nos connaissances. Personnellement concernant les pouvoirs cognitifs je préfère employer le mot « métagnomie ».
Ces deux phénomènes sont donc liés parce que la production des premiers semble bien souvent la condition de la production des seconds : c’est-à-dire que les phénomènes dits paranormaux se manifestent très souvent à la faveur d’états de conscience spéciaux, de transe, qui peuvent eux même être provoqués, suscités et canalisés. : quelque soit la nature ultime de la conscience d’une part, et des phénomènes dits paranormaux d’autre part, il est essentiel de savoir qu’il y a une liaison. Il semble que ces phénomènes paranormaux se produisent beaucoup plus facilement lorsqu’il y a une modification du régime de la conscience.

La signification de cette corrélation n’est pas encore comprise en profondeur, mais c’est un point central de la discussion.
Ce n’est pas une découverte nouvelle, les hommes de l’Antiquité le savaient à leur manière. C’est pourquoi ils ont mis en place des « dispositifs » pour capter et canaliser ces états de conscience producteurs de phénomènes « métacognitifs », c’est le rôle de l’institution divinatoire dans les nombreuses cultures qui l’ont développé, notamment en Grèce.

Attention, le fait que les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux soient liés, n’impliquent nullement qu’il faille les confondre. Pour les parapsychologues contemporains, l’étude des états modifiés de conscience constitue une branche de la psychologie et ne relève pas de la réalité paranormale stricto sensu. Aux yeux des psychologues, il ne faut pas confondre ces états de conscience avec les phénomènes dont ils suscitent ou facilitent la production. Par exemple, lorsque le voyant Alexis Didier, un des grands voyants dits « magnétiques » du XIXe siècle, se porte en état de transe sur une cible et en ramène des informations vérifiables dans des conditions contrôlées, il doit au préalable passer par un état de conscience particulier, appelé à l’époque « sommeil magnétique ». Pour les parapsychologues, ce n’est pas l’état de transe qui est qualifié de paranormal, mais la faculté « métacognitive » qui s’y déploie.

Autrement dit nous avons deux dimensions, l’une dans l’autre, en même temps rejetées par la rationalité occidentale, mais pas au même niveau. [...] »

Pour connaître la suite des propos de Bertrand Meheust, écoutez la totalité de l’intervention retransmise dans cette émission.

Présentation des intervenants :

- Bérénice Tournafond est juriste, diplômée d’études supérieures en droit, chargée d’enseignement à l’Université de Paris XII et chef d’entreprise. Elle anime depuis plusieurs années, avec la participation d’académiciens, d’universitaires et de professionnels, un groupe de réflexion sur le système politique économique et social avec la préoccupation principale de replacer l’Homme au cœur de ces sujets et de lui redonner dans la société une place qui soit conforme à ses aspirations profondes.
Elle a organisé plusieurs colloques sur l’identité, la justice, le logement, la médecine, la participation à la vie politique… Elle réfléchit entre autres sur l’incidence émotionnelle du droit et des systèmes politiques sur l’homme.
Elle est l’auteur de plusieurs articles et coauteur de l’ouvrage La démocratie d’apparence édité par François-Xavier de Guibert.

- Bertrand Méheust est un chercheur et écrivain français, spécialiste de parapsychologie. Anciennement professeur de philosophie à Troyes (lycée Camille Claudel) aujourd’hui en retraite, il est docteur en sociologie et membre du comité directeur de l’Institut métapsychique international.


Ne manquez pas prochainement sur Canal Académie la suite de la retransmission de ce colloque et des interventions des autres invités


En savoir plus :

- Consultez le site www.hommecontemporain.org pour retrouver les dates des prochains colloques.

- Écoutez la première partie de ce cycle consacrée également aux états modifiés de conscience :
- Les états modifiés de conscience et l’approche rationnelle de l’étrange (1/2)
- Comment les neurosciences voient-elles certains états modifiés de conscience (2/2)

Écoutez le premier cycle intitulé : "Émotions et santé, émotions et société" :
- Introduction de Bérénice Tournafond et communication de Jean Baechler de l’Académie des sciences morales et politiques : L’impact des émotions dans la société et la politique, par Jean Baechler, de l’Académie des sciences morales et politiques (1/3)
- Pierre Buser, neurobiologiste, membre de l’Académie des sciences : Cerveau, émotions et vie sociale (2/3)
- Yves Agid, neurologue, membre de l’Académie des sciences : Le traitement de troubles émotionnels par la neurologie (3/3)






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