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Les états modifiés de conscience sous le regard des scientifiques, juristes et philosophes

Présentation du cycle de colloques débutant le 26 mars 2012 avec François Gros et Pierre Buser de l’Académie des sciences et Bérénice Tournafond organisatrice de l’événement
On parle d’états modifiés de conscience dans certains cas de coma, lors d’hallucination, d’hypnose ou de méditation ; on parle aussi d’états modifiés de consciences lors « d’expériences de mort imminente », une théorie loin d’être validée sur le plan scientifique, mais qui sera également abordée dans la discussion lors du colloque organisée le 26 mars 2012 à l’Institut de France et dont l’entrée est libre sur inscription. Détails en compagnie de Bérénice Tournafond présidente de l’association Être humain, Pierre Buser et François Gros de l’Académie des sciences.


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Référence : FOC689
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Date de mise en ligne : 18 mars 2012


Les « états modifiés de conscience » regroupent plusieurs phénomènes tels que les hallucinations, les pertes brèves de connaissance, les comas, les états hypnotiques et les états de méditation.
Dans un domaine qui laisse encore les scientifiques très circonspects, on y retrouve également les « expériences de mort imminente » un terme inapproprié pour le neurobiologiste Pierre Buser qui préfère la version anglaise « Near Death Experience », « expérience proche de la mort » et les expériences de « sortie du corps » : deux domaines où « l’on s’écarte de la science pour aller vers la métaphysique » selon Pierre Buser.

Les états modifiés de conscience sont un domaine connu depuis longtemps dans le domaine clinique comme les comas profonds et les hallucinations. "Mais la science pure était loin de s’y intéresser car il n’y avait pas d’explication possible jusqu’alors" précise-t-il.
« Aujourd’hui, les choses changent. Les neurosciences peuvent apporter des précisions à ses états liminaires. Les scientifiques disposent désormais de méthodes pour observer le niveau d’activité cérébrale selon les sollicitions » explique François Gros.

Le colloque ainsi consacré aux états modifiés de conscience (qui se déroule le 26 mars 2012 à l’Institut de France et dont les interventions seront retransmises sur Canal Académie), propose de faire le point sur ces avancées et sur ce qu’elles peuvent apporter dans le domaine du droit et de la sociologie. « Les états modifiés de consciences ont des conséquences dans notre vie pratique. Quelles sont les conséquences juridiques lors d’une perte de connaissance sur la route par exemple ? » se demande Bérénice Tournafond. « Il existe aussi des états hallucinatoires qui peuvent parfois justifier en partie des actes pseudo-criminels. C’est quelque chose de connu de longue date mais que l’on peut préciser aujourd’hui avec beaucoup plus de soin. Cela permet de définir plus finement la notion de responsabilité » ajoute François Gros.

Le cas complexe du coma

Curieusement, malgré un électroencéphalogramme plat chez une personne en coma profond, celle-ci peut conserver pendant un temps, si l’oxygénation perdure, une activité cérébrale. Depuis ce constat encore difficilement expliqué, les cliniciens observent une plus grande prudence dans la déclaration de mort cérébrale d’un patient.
Certains de ces patients se réveillent et font parfois part d’expériences troublantes dont les signes demeurent à chaque fois les mêmes : un tunnel, une lumière blanche qui les attire, un état de bien-être. On les appelle les « expériences de mort imminente », décrites notamment dans le recueil de témoignages de Jean-Pierre Jourdan, Deadline, auteur invité à prendre la parole lors de la deuxième partie du colloque organisé le 26 mars. Pour Pierre Buser, « ce sont avant tout des hallucinations. Les individus ont des visions paranormales d’éclairage, de sortie de tunnel. Vous avez deux lectures possibles : celle de la science et de la recherche qui considère que ces expériences sont le signe de la remise en route de circuits sous-corticaux, entraînant des hallucinations ; et celle de la métaphysique, où les personnes pensent que l’esprit sort du cerveau ». Quant aux expériences de sortie du corps dont font état ceux qui ont vécu des « expériences de mort imminente », « nous ne pourrons jamais le prouver ».

En revanche les scientifiques sont d’accord pour identifier deux niveaux de conscience :
- la conscience primaire, qui existe chez un certain nombre d’animaux (les oiseaux et les mammifères), à des degrés différents ;
- la métaconscience ou autoconscience dont sont doués les humains, à savoir être conscient d’être conscient.

« Dans le cas des comas et des expériences de mort imminente, il s’agit certainement d’un cas de conscience extrême, un mécanisme très complexe. Tant que nous n’en saurons pas plus, ma position restera très réservée sur ces questions afin de ne pas sortir du domaine scientifique » termine Pierre Buser.

Un cas particulier : la méditation

La méditation est un cas particulier, car elle modifie les états de conscience sans raison clinique. Pierre Buser constate seulement que « dans beaucoup de religions les états méditatifs sont essentiellement dictés par des postures (prières, méditation) pouvant peut-être faciliter les états modifiés de conscience ».

Bérénice Tournafond est présidente de l’association « Être humain ». Elle organise régulièrement des colloques interdisciplinaires à l’Institut de France, axés sur une meilleure compréhension de l’homme, à travers ses comportements en société et ses émotions.

François Gros est biologiste, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, co-organisateur du cycle de trois colloques dédiés à la conscience.

Pierre Buser est neurobiologiste, neuropsychologue, membre de l’Académie des sciences et intervient lors du cycle de ces trois colloques.

François Gros, Bérénice Tournafond, Pierre Buser (de gauche à droite) au studio de Canal Académie.
François Gros, Bérénice Tournafond, Pierre Buser (de gauche à droite) au studio de Canal Académie.

En savoir plus :

Inscrivez-vous dès maintenant au premier colloque intitulé Les états modifiés de conscience, qui a lieu le 26 mars 2012 à l’Institut de France, 75006 Paris, de 8 h 30 à 13 h. Entrée libre. Inscription préférable.

Et consultez les dates des deux autres colloques à venir sur la conscience sur le site internet www.hommecontemporain.org

Retrouvez par ailleurs sur le site de Canal Académie les retransmissions des précédentes colloques organisés par l’association Être humain :

Consultez les retransmissions du colloque « Émotions et santé, émotions et société » :

- Jean Baechler, sociologue, philosophe et historien : L’impact des émotions dans la société et la politique, par Jean Baechler, de l’Académie des sciences morales et politiques (1/3)
- Pierre Buser, neurobiologiste, membre de l’Académie des sciences : Cerveau, émotions et vie sociale (2/3)
- Yves Agid, neurologue, membre de l’Académie des sciences : Le traitement de troubles émotionnels par la neurologie (3/3)

Consultez les retransmissions des deux colloques « Un regard sur l’Homme contemporain à travers la science, la morale et la politique » :

- L’influence de la spiritualité dans le comportement humain. Colloque Regard sur l’homme contemporain (1/3)
- Morale et communication : les fondements de la société humaine ? Colloque Regard sur l’homme contemporain (2/3)
- Agir et ressentir. Colloque Regard sur l’homme contemporain (3/3)

- La place de la politique dans les médias et la société (1/4)
- Monique Canto-Sperber et Philippe Lauvaux : la politique et la morale (2/4)
- Altruisme, politique et comportement de l’homme contemporain (3/4)
- Les émotions en politique et l’éthique en finance (4/4)






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