Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

René Girard : Achever Clausewitz

Quand la violence menace la planète

René Girard poursuit sa réflexion sur la violence. Ce professeur émérite à l’université de Stanford, élu à l’Académie française en 2005, constate que la violence échappe maintenant à tout contrôle et menace la planète entière. Il offre une nouvelle lecture de Clausewitz, ce penseur de la guerre. Dans son livre intitulé Achever Clausewitz, il s’entretient avec Benoît Chantre.


Bookmark and Share

C'est à l'espace Bernanos, à Paris, que le mardi 17 octobre 2007, René Girard a donné une conférence à propos de son livre tout juste paru Achever Clausewitz. Il s'agissait de sa première conférence en France en 2007 et de la première sur ce livre qui est publié par une nouvelle maison d'éditions Carnets nord, dirigée par Benoît Chantre, philosophe familier de la pensée et des travaux de René Girard.



Une phrase d'abord, la dernière du livre, qui claque comme la devise, peut-être, de René Girard : Il faut réveiller les consciences endormies. Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire.

L'Académicien a commencé par faire référence à l'ouvrage de Raymond Aron Penser la guerre, paru en 1976, qui lui aussi offrait une lecture de Clausewitz.
Puis il a précisé que Clausewitz ( 1780-1831) ne fut pas seulement un stratège mais qu'il est d'abord un grand écrivain, qui a consacré sa vie à l'écriture solitaire. Loin d'être un philosophe abstrait, c'est un homme concret. Son livre inachevé, qui ressemble à un unique grand chapitre, définit les rapports des deux "partenaires" dans une guerre. Il introduit ainsi une rupture radicale dans la conception des rapports humains : la violence, dans ces rapports, n'appartient pas à tel ou tel individu mais elle se situe entre les individus.
Lesquels individus passent leur vie à échanger, l'échange jouant un rôle essentiel dans les rapports humains.
Mais cet échange ne se fait pas de manière mécanique, comme des boules de billard, il exige une interprétation de la part de l'un et de l'autre, et l'interprétation de chacun est différente. Et souvent, se glissent entre eux des malentendus. Il en va de même au niveau des états : l'échange exige toujours une diplomatie pour surmonter ces malentendus.

Peu à peu, se produit une montée aux extrêmes qui caractérise les échanges entre humains. Inconsciemment, chacun reproduit l'attitude de l'autre, c'est une réplique selon la manière dont autrui se comporte. L'échange est un(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires